Histoire du lac de Vouglans

La rivière d’Ain

Source de l'Ain
Près de Nozeroy, à 700 mètres d’altitude, une belle et abondante source vauclusienne donne naissance à la rivière d’Ain, souvenir de son ancien nom « le Dain ». Elle traverse le plateau de Champagnole à travers d'anciennes moraines glaciaires puis, coulant vers le sud-ouest, la rivière s’encaisse à partir du Saut de la Saisse dans des gorges de 90 km de longueur. Elle reçoit sur ce parcours son principal affluent, la Bienne, qui draine sur sa gauche le Haut-Jura. A partir de Pont d’Ain, la rivière s’étale dans sa plaine alluviale et, après un court total de près de 200 km, se jette dans le Rhône à la cote 185, à 20 km à l’amont de Lyon.

Les premiers barrages

Le barrage du Saut-Mortier
Le lit de l’Ain a une pente assez régulière qui oscille entre 1 et 3 %. Seuls, quelques accidents locaux dus à des épigénies ou éboulements récents le recoupent de cascades ou rapides : pertes de l’Ain, Saut de la Saisse, Saut Mortier. C'est à ces endroits que les permiers barrages furent édifiés, dès la fin du XIXe siècle.
Quoique issus de moyenne montagne, les apports de l’Ain et de ses affluents sont particulièrement abondants, mais très irréguliers. Pour un bassin total de 3800 km², le débit moyen au confluent du Rhône atteint 130 m³/s. Les hautes eaux ont lieu, en général, de l’automne au début du printemps, en concordance avec les besoins énergétiques. La création de grandes accumulations était donc souhaitable pour régulariser la rivière et compenser sa faible pente par une meilleure utilisation des eaux.

Le barrage de Vouglans

Construction du barrage de Vouglans
Le site du barrage est très bien situé, en tête des gorges de l’Ain. Plus à l’amont, l’Ain n’aurait pas été assez formé et le volume de la retenue trop faible. Plus en aval, la chute aurait été trop faible.
La roche des appuis constituée de bancs massifs horizontaux a une excellente résistance mécanique. L’étanchéité générale est satisfaisante. La rivière d’Ain a creusé en effet sa gorge dans les roches compactes du Rauracien. Mais située au milieu d’un large synclinal, elle est enveloppée à 100 m de profondeur par la couche étanche de l’Oxfordien marno-calcaire. Il existe néanmoins des circulations karstiques qui empruntent en général les fractures de la roche. La coupure de ces cheminements, dont l’importance est limitée, a nécessité l’exécution de quelques travaux d’étanchement.
Le barrage est implanté à l’amont des deux villages de Vouglans et de Menouille, dans une gorge de 200 m de profondeur, dont l’accès par les deux plateaux des rives ou l’aval est facile.
Des études préliminaires ont été menées de 1956 à 1960, mettant en évidence l’intérêt du site de Vouglans. Les sondages réalisés confirmaient la qualité du rocher. La demande de concession fut déposée en juillet 1957. L’enquête publique a eu lieu en octobre 1960.
Les travaux de reconnaissance ont été exécutés de 1961 à 1965 afin de reconnaître le réseau des circulations souterraines qui s’articulent autour de la Caborne de Menouille et d’explorer la zone des appuis du barrage.
Avant l’ouverture du chantier, des habitations ont été construites, tant à Orgelet, Cernon et Dortan pour le personnel de surveillance qu’aux abords de Vouglans pour l’entreprise principale de maçonnerie. Le renforcement du réseau routier autour du barrage était également entrepris.
 

Puis ce fut la mise en place des installations de chantier, le forage d'une dérivation provisoire destinée à rétablir le cours de l’Ain et le passage des crues jusqu’à 600 m³/s, la construction des batardeaux amont et aval pour la mise à sec du chantier.

De 1965 à 1968 eut lieu la construction proprement dite du barrage, de l’usine et du poste d’évacuation de l’énergie. La mise en eau fut effectuée en 1968 par fermeture de la dérivation provisoire, puis par fermeture d’une vidange basse « de mise en eau ».
En 1970 fut mis en service le groupe 3 de production électrique, et en 1973 fur installé le 4éme groupe 4 qui est réversible.

La retenue 

La retenue a submergé 1600 ha de terrains répartis sur treize communes, dont 400 ha seulement étaient productifs. Elle a en outre entraîné la disparition des villages du Bourget avec son hameau de Bellecin, et du hameau de Brillat qui dépendait de la commune de Maisod.
La construction du barrage de Vouglans a mis 150 personnes dans l’obligation de quitter leur foyer et ces terres inégalement fertiles. Ses habitants se sont tournés vers l’artisanat et notamment la tournerie sur bois.

Deux centrales hydroélectriques ont été noyées: le Saut de la Saisse en queue de retenue et la Chartreuse de Vaucluse juste à l’amont du barrage.
La liaison routière de Moirans à Orgelet passait près du hameau de Brillat au fond de la vallée par un pont qui a été dynamité par l'armée avant la mise en eau.  La liaison a été rétablie par la constructuon d'un nouveau Pont de la Pyle de 300m de portée en béton précontraint.

La Chartreuse de Vaucluse, une des plus anciennes de l’Ordre, a été également submergée. Reconstruite à la fin du 18ème siècle, elle fut à peine achevée car détruite sous la Révolution. La chapelle et le cloître étaient en ruines. Seules restaient debout l’ancienne hostellerie des visiteurs entièrement restaurée au siècle passé avec un grand portail de style jésuite et la terrasse supportée par une belle alignée de voûtes qui constituaient, avec son cadre sauvage, le principal attrait du site. Pour garder trace de ces vestiges, le portail d’entrée et les deux charmants petits bâtiments qui l’encadraient ont été déplacés par EDF au dessus de la limite des plus hautes eaux.

Protégé par la loi Littoral, la loi Montagne sur la rive gauche, Natura 2000 sur la rive droite, plusieurs ZNIEFF, le lac de Vouglans a été remarquablement préservé de tout urbanisme disgracieux.
Le conservatoire du littoral a commencé à acquérir des parcelles au bord du lac.
3 ports de plaisance ont été aménagés, à la Saisse, Surchauffant et la Mercantine, ainsi que 3 plages à Bellecin, Surchauffant et la Mercantine. Une base nautique a été construite à Bellecin.
Le lac est divisé en trois zones :
  • en amont une zone est résevrée à la pêche au niveau de Surchauffant,
  • près du pont de la Pyle se trouve la zone réservé au motonautisme,
  • en aval près de Bellecin se trouve la zone réservée à la voile.

L'approche du barrage est interdite à toute embarcation.
Base de Bellecin

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